Pratique d'incendie de Kiev Renaud

Pratique d’incendie de Kiev Renaud

Camille, 12 ans, cancer ascendant cancer et condamnée à mort En 2016, j’avais été séduite par le roman par nouvelles Je n’ai jamais embrassé Laure de Kiev Renaud, avec ses images de fillettes jouant aux prostituées et rêvant de s’accoucher l’une l’autre. Dans Pratique d’incendie, la plume de l’autrice n’a rien perdu de son enchantement. Elle investit une fois de plus le royaume de l’enfance qui aime jouer avec le feu en nous racontant l’histoire de Camille, une jeune fille de 12 ans, désespérée par sa banalité et rêvant de …

Parmi celles qui flambent de Noémie Roy et Les femmes que j’aime ne font pas de bicyclette d’Anthony Lacroix

Parmi celles qui flambent de Noémie Roy et Les femmes que j’aime ne font pas de bicyclette d’Anthony Lacroix

Celles qui flambent et celles qui n’aiment pas la bicyclette Cette semaine, je vous parle de deux œuvres – un recueil de poésie et des nouvelles « coquillages » – qui touchent différemment aux thèmes de l’enfance… et de la combustion spontanée. Intrigué.e.s? Parmi celles qui flambent de Noémie Roy Incantation et filiation Le recueil de poésie de Noémie Roy, Parmi celles qui flambent, fait miroiter dans ses vers, à la lumière des flammes, une mystérieuse collection de fleurs séchées, de petits fruits et de papillons sous verre. Des femmes …

La mémoire est une corde de bois d’allumage de Benoit Pinette

La mémoire est une corde de bois d’allumage de Benoit Pinette

Les arbres généalogiques ne brûlent jamais par les deux bouts L’artiste Benoit Pinette, alias Tire le coyote, signe à La Peuplade son premier recueil, intitulé La mémoire est une corde de bois d’allumage. Cette œuvre, pleine de fumée noire autant que de feux de joie, rassemble les arts de la pyrotechnie et de la poésie, faisant brûler histoires et peurs intimes à ciel ouvert. L’auteur met la hache dans certains souvenirs, débitant le passé comme pour libérer ses racines. La hantise de reproduire certains comportements et de transmettre à ses …

Rien du tout d’Olivia Tapiero

Rien du tout d’Olivia Tapiero

Hériter des trous noirs Dès le début de ma lecture, j’ai été aspirée par la beauté et surtout la force brute des mots et des images d’Olivia Tapiero, leur lent égrènement dans ce récit qui valse avec la poésie et l’essai. Fragment après fragment, l’écrivaine travaille à retracer « le mouvement d’effritement de la vie même » et les « nombreuses extinctions dont nous sommes témoins. » Dans ce Rien du tout, tout part d’un trou, d’un centre vide, d’une bouche, d’un œil, d’un cœur, qu’on cherche à emplir. « L’orifice premier s’ouvre …

Chagnon et Peyrouse

Dans sa tête poussait une plante de Philippe Chagnon et Ces fenêtres où s’éclatent leurs yeux d’Anne Peyrouse

Dans leurs têtes et dans leurs regards Dernièrement, j’ai lu deux recueils de la collection Hamac-Poésie. Il s’agit de deux projets qui s’articulent autour de pertes douloureuses, à la recherche d’un terrain neutre pour prendre le temps de panser leurs blessures. Je vous livre ici brièvement mes impressions. Dans sa tête poussait une plante Dans son quatrième recueil de poésie intitulé Dans sa tête poussait une plante, Philippe Chagnon décrit les petites et les grandes guerres se jouant au cœur d’une relation de couple qui bat de l’aile, jusqu’à la …

Là où je me terre de Caroline Dawson

Là où je me terre de Caroline Dawson

Le grand tremblement Petite, j’avais une admiration infinie pour Anne aux pignons verts. Mon héroïne favorite, à son arrivée à Avonlea, devait braver les sobriquets de ses camarades se moquant de ses cheveux roux et de ses taches de rousseur. Une enfant vive à l’imagination débordante qui devait s’adapter à son nouveau milieu. Bien sûr, nous nous retrouvons dans deux univers complètement différents, mais la jeune Caroline de Là où je me terre me la rappelle avec sa force de caractère et sa manière unique de voir le monde. Le …

La patience du lichen de Noémie Pomerleau-Cloutier

La patience du lichen de Noémie Pomerleau-Cloutier

Jaser au cœur de la houle et des chicoutais Après Brasser le varech (2017, La Peuplade), Noémie Pomerleau-Cloutier nous revient avec La patience du lichen, qui paraîtra le 4 mars 2021. Elle qui est fascinée par les paysages côtiers, ce sont surtout les humains qui y habitent qu’elle défriche – et déchiffre – ici. Le recueil est composé de témoignages poétiques, de tranches de vie amassées de village en village, en suivant les chemins inachevés et les routes fluviales de la Côte-Nord. Fait de va-et-vient, d’enracinement et d’errance, le projet …

Les îles Phoenix et Sestrales

Les îles Phoenix de Rosalie Lessard et Sestrales d’Andréane Frenette-Vallières

Renaître de ses cendres Les univers féminins déployés dans Les îles Phoenix de Rosalie Lessard et Sestrales d’Andréane Frenette-Vallières investissent les décors changeants des côtes, des îles et des forêts, théâtre intemporel de disparitions et de renaissances. Ces deux recueils bouillonnants contiennent beaucoup de fragilité, de colère, de peine, de solitude, mais aussi de complicité. Ils partagent également une interrogation commune : comment faire pour accepter le temps qui passe malgré tout ce qui nous brise. Les îles Phoenix de Rosalie Lessard Parus au Noroît, les poèmes narratifs de Rosalie Lessard sont …

Verdunland et Terres et forêts

Ta mère et le territoire: Verdunland et Terres et Forêts

Verdunland : fantasme ta ville Avec sa couverture psychédélique aux couleurs bonbon, je ne savais pas trop à quoi m’attendre en commençant Verdunland de Timothée-William Lapointe et Baron Marc-André Lévesque. Les colocataires nous promettent une visite guidée d’une ville hallucinée, une ville magique, peut-être pas si loin du Neverland de J.M. BarrIe et du Saint-Élie-de-Caxton « légendifié » de Pellerin. S’y côtoient un géant en peine d’amour qui « kicke » des cabanons et une ogresse cultivant des oreilles. Empruntant un style vraiment inusité, cette petite épopée loufoque et drolatique prend comme point de …

La révolution permanente

La révolution permanente et autres poèmes de Shawn Cotton

L’art patient de dégivrer la mémoire Le « buzz du givre », c’est un peu ce que le lecteur goûte en parcourant La révolution permanente et autres poèmes de Shawn Cotton, où se mélangent les alcools bus à la mémoire d’une amoureuse défunte, les drogues et les rêves d’hier. La mélancolie nous file directement dans les veines. Tendre et nostalgique, ce recueil paru aux éditions de l’Écrou nous accueille au cœur d’un royaume plutôt glacial, pendant que le poète cherche à réchauffer ses fantômes, vers après vers. De la cantine à la …